Hygiène intime : les secrets du bien-être

Le besoin de se sentir propre et fraîche pousse parfois à en faire trop en matière d’hygiène intime. Et c’est là que les problèmes tels que des mycoses peuvent apparaître. Produits de toilette, protections, comment faire les bons choix et adopter les bons réflexes ?

 

Au quotidien

Une bonne toilette intime est celle qui préserve l’écosystème de la flore vaginale et le film hydrolipidique recouvrant les muqueuses. D’où l’importance de nettoyer la vulve une fois par jour avec un savon doux. Lavez-vous avec la main plutôt qu’avec un gant de toilette. À moins d’en changer tous les jours, c’est un vrai nid à microbes. Utilisez un pain dermatologique ou un savon liquide au pH supérieur à 5, ils seront plus adaptés aux besoins de votre flore. Les produits d’hygiène spécifiquement formulés pour la toilette intime sont particulièrement pratiques. La plupart sont adaptés à un usage quotidien, mais certains sont conçus pour être utilisés en cas d’irritations, d’autres en cas de sécheresse intime. Essuyez-vous ensuite soigneusement et sans frotter : l’humidité favorise la prolifération bactérienne.

 

Pendant les règles

Si vous en ressentez le besoin, vous pouvez vous laver deux fois par jour. Pas plus, car des savonnages trop répétés altèrent le film hydrolipidique qui protège l’épiderme. Il est normal que le sang dégage une odeur spécifique quand il sort de l’utérus et entre en contact avec la flore vaginale. Rien à y faire, si ce n’est changer plus souvent de protection si cela vous incommode. Attention toutefois : une odeur particulièrement intense peut être due à un oubli de tampon ! Dans ce cas, retirez-le rapidement et consultez votre gynécologue. Il vous prescrira probablement des ovules gynécologiques antiseptiques.

 

En cas de pertes

Il est naturel que l’aspect des sécrétions physiologiques varie tout au long d’un cycle. En cas de pertes blanches ou transparentes gênantes car trop abondantes, utilisez des protège-slips. Mais attention, jamais de tampon ! Ils sont uniquement destinés aux règles. En revanche, en cas de pertes malodorantes, irritantes et/jaunâtres, consultez. Pas question de les masquer avec du déodorant ou de faire des irrigations vaginales.

 

Le reste du temps ?

Si vous êtes en voyage, si vous voulez vous sentir nette après une séance de sport ou avant un rendez-vous amoureux ou médical, glisser un paquet de lingettes intimes dans votre sac est une bonne idée. « Ces produits sont préférables à un rinçage à l’eau claire », insiste le docteur Jean-Marc Bohbot. « Non seulement l’eau seule ne suffit pas à éliminer les débris microbiens et cellulaires, mais ce geste, s’il se répète, altère le film hydrolipidique qui protège la peau et les muqueuses, avec à la clé de l’inconfort et une plus grande vulnérabilité aux mycoses. » Attention toutefois à ne pas abuser des lingettes. Elles ne sont pas destinées à un usage quotidien, et ne doivent pas se substituer à la toilette avec un soin lavant doux.

 

À noter 

Inutile de recourir aux lingettes en cas de pertes abondantes dégageant une mauvaise odeur. Ces dernières sont le plus souvent provoquées par une mycose vaginale qui ne disparaîtra qu’avec un traitement approprié.

 

 

Hors de la toilette en elle-même, quelques conseils simples :

  • Changez de sous-vêtements tous les jours ;
  • N’appliquez ni parfum, ni déodorant sur la zone vulvaire ;
  • Respectez les durées d’utilisation des tampons et serviettes pendant vos règles ;
  • Essuyez-vous de l’avant vers l’arrière après être allée aux toilettes ;
  • N’utilisez pas de lingettes intimes de façon systématique : elles sont pratiques en dépannage, mais finissent pas fragiliser les muqueuses.

 

 

L’hygiène intime, c’est aussi pour les hommes

Si l’hygiène intime des femmes est souvent abordée, celle des hommes en revanche est passée sous silence. Or, elle aussi doit respecter des règles bien précises pour le bien-être de ces messieurs. Suivez le guide !

 

La gent masculine se doit de nettoyer ses organes génitaux tous les jours, et ceci avec les bons accessoires ! Autrement dit, bannissez les gants. L’opération doit s’effectuer avec vos mains, préalablement lavées, bien entendu. Pour le savon, optez pour un produit au pH neutre et non parfumé. Ensuite, voici la marche à suivre…

 

Pour les hommes non circoncis, il est vivement recommandé de tirer doucement le prépuce vers l’arrière pour découvrir le gland. Puis de savonner ce dernier. Vient ensuite la phase de rinçage à l’eau tiède, et enfin le « recalottage » du prépuce. Pour les hommes circoncis, il suffit de laver le pénis comme n’importe quelle autre partie du corps.

 

C’est quoi, cette substance blanche ?

 

Il est vraiment très important de bien nettoyer votre gland. Sinon, vous risquez de voir apparaître une substance blanche, appelée smegma. Elle s’accumule en effet sous le prépuce. « Elle se compose de débris de cellules mortes et de sécrétions naturellement présentes sur le gland », indique ameli.fr. « Peu à peu, cette substance favorise le développement de bactéries et commence à dégager des odeurs désagréables. Ce phénomène peut causer une balanite (infection du gland). » Donc pour les hommes non circoncis, l’étape consistant à découvrir le gland s’avère incontournable !

 

Au-delà du pénis, nettoyez bien sa base et le scrotum (bourses entourant les testicules). « Au niveau de cette zone, la transpiration peut causer des odeurs désagréables », explique le site ameli.fr. Il est également important de laver la région de l’anus. Séchez-vous en essuyant consciencieusement les plis cutanés. N’utilisez ni talc, ni déodorant, ni parfum, qui pourraient aussi irriter ces zones sensibles.

 

Emmanuel Ducreuzet